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Auteur Fil de discussion: Epopées chinoises a grands budgets  (Lu 52 fois)
despe2501
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« le: 06 Octobre 2008 à 11:55:24 »

Bonjour, je suis nouveau donc c'est mon premier topic que je crée.
Alors voila je voudrais savoir ce que vous pensez de la vague de fresques historiques chinoise qui va bientot arriver sur notre continent.
Deja en janvier on aura le droit au charmant Warlords avec Kaneshiro, Andy Lau et Jet Lee.
En Mars on pourra savourer sur grand ecran le magnifique retour de John Woo avec Red Cliff.
Puis On aura prochainement le droit de voir The Myth avec Jackie Chan
An empress and the Warrior qui était au marché du film a cannes (dernier Ching tsui Tung avec Donnie Yen)
Enfin Tree Kingdom de Daniel Lee (freres d'armes) qui est prometteur.

De jolies grosses productions qui certes ne sont pas recentes la bas (souvenons nous de la cité interdite) mais qu marquent tout de même un effet de mode.
Les avez vous vu, qu'en pensez vous?
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« Répondre #1 le: 11 Octobre 2008 à 15:54:43 »

Bonne question.  hein

Les avis me semblent partagés et/ou mitigés sur les grands Wu Xia Pian contemporains. Personnellement, même si j'ai relativement apprécié An Empress and the Warriors ainsi que Warlords, c'est parce que je ne suis pas un spectateur extrêmement exigeant, et que regarder un film avec mes stars préférées me suffit de temps à autre. Pourtant, il semble que ces deux derniers aient relativement déçu certaines personnes. Citons Jean-Baptiste Guégan de DVDrama qui, même s'il ne s'agit que de son avis personnel, reflète logiquement celui d'autres personnes parmi la masse des spectateurs.

Citation
An Empress and the Warriors, de Tony Ching Siu-Tung, avec Donnie Yen, Kelly Chen et Leon Lai

Tout d'abord, par une réalisation éculée et démonstratrice, Chiu Siu-Tung peine à enlever le récit et à lui donner sa pleine mesure. Au point où le récit est d'une lenteur coupable et d'un dynamisme mal dosé. Ensuite, au niveau de l'incarnation, si Kelly Chen a du talent pour certains rôles de femme forte, dans celui-ci, elle s'égare. Notamment parce l'armure ne lui sied guère et que les costumes font davantage penser à des pitreries grossières qu'à des batailles se déroulant en plein coeur de la Chine d'avant la fabuleuse époque de l'unification. C'est en somme presque comme si tous étaient attifés avec des costumes semblables à ceux des Tortues Ninja, pour situer la difficulté d'une appréciation honnête. Ensuite, la présence de Donnie Yen avec son visage mono-expressif et celle du trop rare Leon Laï (City Hunter, Seven Swords ...) contrebalancent l'absence certaine de crédit apporté dans ce rôle-ci à la pourtant très belle Kelly Chen. De fait, An Empress and The Warriors prend d'autant plus l'eau qu'en acceptant son statut possible de film bankable.

En effet, ce film est assez proche dans ses évolutions et progressions mêmes scénaristiques, de ce qui se fait de plus large et commercial en Asie. Pour plaire et vendre. Hélas, potentiel financier et réussite artistique ne sont pas toujours compatibles. Ainsi, s'il jouit d'une belle photographie et d'un casting haut de gamme en plus de quelques clins d'oeil aux Histoires de Fantômes Chinois, An Empress and The Warriors manque la marche de ses ambitions et peine à convaincre.

Regrettable pour les aficionados du Wu Xia Pan version nouveau millénaire et pour les amateurs de la Shaw et consorts, le dernier film de Chiu Siu-Tung n'étonne pas et ne donne en réalité aucune envie de s'enflammer réellement déployant alors sans peine le sabre à défaut d'autrement impressionner. Film de flux et de très moyenne qualité, ce métrage qui fit tout de même un beau parcours dans les salles asiatiques, ne résiste même pas aux souvenirs des glorieux films anciens. C'est donc avec de l'envie mais aussi de la résignation et de l'appréhension face à une possible perte de temps que l'on pourra ranger An Empress and The Warriors pour mieux l'oublier ou alors consentir à le visionner pour peut-être le réhabiliter avec plus de sérénité. En attendant mieux ou en patientant pour que Chiu Siu-Tung laisse la place aux jeunes et qu'il les conseille?


Citation
The Warlords, de Peter Ho-Sun Chan, avec Jet Li, Takeshi Kaneshiro, Andy Lau et Xu Jing Lei

Reste alors à juger le film dans sa globalité et ce n'est pas sans défaveur que l'issue s'avère peu laudative en prêtant ouvertement le flanc à la critique. En effet, pétri de références souvent envahissantes à la hauteur desquelles il n'aura pas su s'élever, The Warlords fait l'effet d'un engagement désenchanté. Doté d'un casting impressionnant, les acteurs qui le portent à l'exception d'Andy Lau ne parviennent pas à s'imposer et plus encore à convaincre, au point que l'on ne peut que souligner par exemple l'absence réelle d'expressivité de Jet Li en général aussi talentueux qu'intrigant. De même, si les combats essaient d'être amenés à leur point d'incandescence, la seule intensité qui s'en dégage, repose sur l'échec manifeste d'une telle velléité. Bien loin d'égaler Héros de guerre ou de dépasser Kagemusha, The Warlords fait pâle figure avec ses engagements guerriers éclatés ou son filmage trop centré sur les incroyables exploits des trois blood brothers. On ne saurait de fait en vouloir à Peter Chan mais on peut regretter néanmoins que ce dernier n'ait pas davantage retenu de Tsui Hark et de Chang Che parce que c'est justement dans sa construction et ses facilités que ce film s'égare et peine à enthousiasmer. Cela est d'autant plus dommage qu'une pareille fresque semblait augurer bien autre chose avec son scénario à triple entrée et ses moyens démesurés.

En somme, si l'ensemble se laisse regarder sans trop ciller, ce n'est malheureusement pas le type de métrage que l'on vantera et que l'on n'hésitera pas à revisiter. Et c'est bien dommage parce qu'il se place comme le troisième insuccès majeur dans le genre en quelques années après Wu Ji et La Cité interdite.

Bon, j'avoue que c'est parfois discutable...
Mais qu'avons nous comme films d'épopée récents chinois & hong-kongais ? "Récents" à partir de quand, en fait...?

- Tigre et Dragon
- Hero
- Le Secret des Poignards Volants
- La Cité Interdite
- The Warlords
- The Banquet (alias La Légende du Scorpion Noir en DVD)
- An Empress and the Warriors
- The Myth
- The Battle of Red Cliff
- Three Kingdom
- Wu Ji


Citation
The Battle of Red Cliff, de John Woo, avec Tony Leung Chiu-Wai et Takeshi Kaneshiro

Fresque habile et réussie, The Battle of Red Cliff comble nombre de nos souhaits au premier rang desquels figurait l'annonce d'une renaissance, celle d'un maître cantonais du siècle passé. Pour autant, Chi Bi ne mérite pas de louanges trop affirmés non plus. Car s'il réussit son programme initial qui est de divertir honnêtement, il n'en est pas moins porteur de défaillances certaines. Notamment son manque de nervosité, de caractère et l'absence visible d'urgence et de danger dans les manoeuvres qui se jouent à l'écran. Tout semble glisser imperceptiblement dans le métrage et rien ne semble devoir affecter les personnages au-delà d'un simple haussement de sourcils et de l'expression facile d'une timide inquiétude. Ainsi, même si le casting est plus qu'engageant, on ne comprend toujours pas pourquoi par exemple, le beau mais inexpressif Takeshi Kaneshiro occupe une telle place. Central et presque incontournable dans la première partie du métrage, il enlève toute gravité, toute profondeur à son personnage comme dans Le Secret des poignards volants et dans The Warlords. Et cela est d'autant plus dommageable que d'autres de ses compères pâtissent d'une caractérisation trop limitée, d'une personnalité insuffisamment développée ou mécanique à l'excès, quand ils ne sont pas tout simplement similaires aux gravures, cheveux hirsutes et armes acérées, des combattants qui peuplent les romans historiques narrant l'histoire des Trois Royaumes.

Par conséquent, emballant dans sa forme et dans son accessibilité sans être enthousiasmant à l'excès ou révolutionnaire, The Battle of Red Cliff s'impose dans sa première moitié comme un divertissement de qualité, supérieur en tous points à tous les autres expériences de Wu xia pan de ces dernières années. Néanmoins, accusant un déficit de caractère, de noirceur et de profondeur, il perd en reconnaissance et en densité, ce qu'il gagne en lisibilité. Ainsi, ludique, divertissant et extrêmement bien orchestré, Chi bi annonce le retour réussi et mâture de John Woo. Et cela sans toutefois pouvoir prétendre à autre chose qu'à plaire en tant que film historique ambitieux et visant à une action simple, riche et exemplaire. Tsui Hark a donc de beaux jours devant lui, John Woo est de retour mais nullement pour le détrôner.


Citation
Three Kingdom, de Daniel Lee, avec Andy Lau, Sammo Hung et Maggie Q

Dans la lignée de The Warlords et des autres grosses productions chinoises épiques, la production n'a en effet nullement lésiné sur le nombre de figurants, les mouvements d'ampleur et les cavalcades impliquant toutes ses masses, vêtues d'armures et de lances acérées. Et dans le cas présent, point de synthèse. Tout est chorégraphié et soigneusement magnifié, plaisamment pensé et - avouons-le attirant à voir, notamment les très habiles combats à la lance qui auraient néanmoins gagné à être filmées en plan séquence avec des cadrages plus larges. De fait, cela fleurait bon le meilleur. Hélas, l'ensemble est vite gâché par une récurrente envie d'impressionner et de sidérer le spectateur en exagérant notamment le destin de Zhao, l'invincible dragon ou en insistant sur les éléments du genre. Reviennent ainsi la maestria armes à la main, la nécessaire histoire d'amour gâchée, la trahison évidente ou la sagesse manifestée par le personnage en toutes circonstances. Mais plus encore que ces scories scénaristiques, ce qui agace le plus, c'est la négation très rapide de cette narration psychologique qui s'avançait sur fond de conte chevaleresque nous récitant l'existence d'un combattant hors norme.

Par conséquent, Three Kingdoms : the resurrection of the dragon déçoit dans une certaine mesure parce qu'il ne réussit pas à être ce métrage tant attendu : le film épique, cultivé, passionnant et porté par l'action que le cinéma chinois contemporain mérite. Loin de cela, film populaire et pas si inintéressant que cela, le dernier film de Daniel Lee offre un plaisant divertissement et quelques séquences hautement singulières sans toutefois aller bien plus loin. Toutefois, nettement plus intéressant que ces prédécesseurs, Three Kingdoms fait oublier les frasques farfelues de The Warlords et invite à repousser pour l'heure les limites entrevues par les diverses productions épiques récentes tournées en Chine continentale. A conseiller donc aux amateurs du genre, aux fans d'Andy Lau et à tous ceux qui veulent voir un drame historique fonctionnant sur la fatalité et la quête de l'unité politique par le combat.

Mine de rien, c'est limite chiant parce que y'a que ce Jean-Baptiste Guégan qui chronique les films de sabre récents sur DVDrama.
Ah nan... Elodie Leroy s'est coltinée Wu Ji.

Citation
Wu Ji, de Chen Kaige, avec Jang Dong-gun, Nicholas Tse, Cecilia Cheung, Hiroyuki Sanada et Liu Ye

Avec Wu Ji, La Légende des Cavaliers du Vent, Chen Kaige nous livre une oeuvre imparfaite, peut-être même bourrée de faiblesses, mais il nous fait vivre une expérience étrange, inhabituelle, fascinante. En vérité, tout le charme de ce drame romantique réside dans sa capacité à titiller la sensibilité visuelle de chacun, à susciter des émotions et des sensations par le simple pouvoir des images. Et bien sûr, comme dans tous les films de Chen Kaige, les personnages sont au centre du film, chacun dans une prison, chacun animé par des passions. Et pour peu que l'on se laisse porter par le souffle de cette fresque envoûtante qui mêle fantasy chinoise et inspirations manga, les qualités l'emportent sur les défauts et le plaisir est assuré.


Je n'ai pris que des extraits d'articles de DVDrama, mais autant regarder un peu partout, en fait...  Clin d'oeil
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