Merci !
Très intéressantes tes questions, Hu*lam.
"Est-ce qu'il est commun pour les japonais de faire ce que tu fais ?"
Je n'en ai pas l'impression.
Du moins chez les jeunes. Sans doute parce que pour eux, "dessiner" signifie "dessiner du manga".
Et le manga s'est complètement coupé de l'observation depuis une bonne dizaine d'années.
Chez les adultes et les vieux, ce ne doit pas être le même problème.
Ils ont une conception du dessin qui est liée à la peinture, donc à un travail artistique dans lequel le dessin d'observation à encore sa place.
-> J'ai feuilleté dans les librairies des livres d'aquarelles magnifiques par des dessinateurs japonais qui maîtrisent l'observation.
-> J'ai visité l'exposition des oeuvres de Kazuo Oga, le peintre qui a fait les arrière-plans des films de Miyazaki... et il y avait énormément de dessin d'observation splendides.
-> Et, une fois, dans un quartier résidentiel, en passant devant une porte de garage ouverte, j'ai vu un chevalet, tout un matériel de peintre et des tableaux de paysage (mais il n'y avait personne).
Mais en 3 mois, je n'ai jamais vu qui que ce soit dessiner dans la rue.
Il faut cependant nuancer : c'est l'hiver et en plus je ne fréquente pas de lieux touristiques en ce moment.
Donc, j'attends le printemps pour me faire un vrai avis.
"comment réagissent-ils quand ils te voient faire ?!"
Les jeunes n'ont aucune réaction. Ils ne s'arrêtent jamais, détournent le regard.
Les adultes s'arrêtent rarement, ils sont souvent pressés.
Par contre, les vieux s'arrêtent systématiquement. Ils viennent me parler, regardent ce que je fais.
Ils me demandent d'où je viens, font plein de compliments, c'est très gratifiant.
Une fois, le petit vieux du coin est même allé chercher son copain (qui travaillait dans le bâtiment que j'étais occupé à dessiner) pour qu'il vienne voir le dessin.
Moralité : heureusement que je ne suis pas allé dessiner au Japon dans le but de séduire de belles et jeunes japonaises parce que, à part les mamies...
On continue avec deux dessins de cette époque magique où les températures étaient encore vivables, quelque part au début du mois de décembre.
Les vastes champs au sud de la ville. Avec la montagne à l'horizon.

Et, en contraste, l'horizon de la ville.
Ce n'est pas Niigata-centre (qui est une grande ville à la japonaise, avec ses gratte-ciel) mais le quartier sud, plus modeste et résidentiel.
On voit les montagnes à l'horizon qui commençaient alors à se couvrir de neige.
Quelques jours avant l'enfer...
